Dans la voiture, en m’approchant de la salle culturelle de Thuillies, je me suis surpris à rire déjà. Cette bande d’humoristes a un effet retard ou prémonitoire, ou les deux. C’était la quatrième séance après un n° 0 au Rapido.

L’invention en revient à Fabian Pacifici et Popie Jeanmart. Un jour, il rêve de créer une émission dans la ligne du « Jeu des dictionnaires » de la RTBF. Popie accepte de l’animer. Une bande de copains vient jouer les « déconneurs » ou « dico-neurs » autour d’un invité, une personnalité de Thuin connue mais dont on ne sait finalement pas grand-chose.

Les chroniqueurs sont installés comme en studio, enregistrés par Johann Boeykens et Samuel Huaux régisseurs du Centre culturel qui accueille l’équipe et le public. Au fur et à mesure des séances, le public vient un peu plus nombreux. C’est que par ces temps plutôt maussades, ici, on rit et on se le dit.

« Humour bête et méchant ? » Non ! Pas bête du tout et méchant ? À peine parfois ! Ils sont chatouillants, oui ; égratignants, sûrement ; moqueurs, aussi mais avec tant d’humour et une imagination débordante et créative. Ce sont, outre la paire des créateurs : Adrien Laduron, Caroline Dumont, Benjamin Blampain, Dominique Sacchi, Thomas Hermans, Isabelle Liégeois, Jean-François Bury, Thierry Dussart, Véronique Carli. Chacune et chacun a son style et son domaine. Jeu des définitions, personnages à découvrir, info-trafic, auteur de phrases à trouver, présentation de l’invité(e) et de son profil Facebook : les chroniques se succèdent en quatre capsules d’enregistrement. Le rythme est soutenu. Les allusions à la vie thudinienne et à ses personnages passés et présents ne manquent pas. Mais nous avons testé un couple de Walcouriens qui s’y est fort bien amusé. Dans le groupe, pas de censure, mais la volonté de respecter les gens (…).

Et Fabian Pacifici de conclure : « Peut-être avons-nous parfois écorché quelques personnes, égratigné quelques politiques, brocardé quelques sociétés folkloriques. Mais qu’ils se rassurent, nous sommes prêts à recommencer l’an prochain ! » Ouf !

Pierre Dejardin (Vers l’Avenir, 12 mai 2012)